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Volubile mais ne racole pas...

par Bruno Carroy 19 Juin 2010, 16:33 Le bec dans le verre

 

Viens de me souvenir que j’avais un blog.. :-) 
 

Petite initiation à la dégustation à Lausanne aujourd’hui.


Pour commencer un
Gewürztraminer 2008 de Nicolas Zufferey (VS) : la robe est vive, jeune, les arômes sont typés. Volubile, mais ne racole pas. Fruits exotiques, litchi, évoque un peu un lendemain de marché aux épices. Un lendemain, ça fait toute la différence. Gourmand, dans la simplicité, rond, note acidulée en fin de bouche. Peu d’allonge, mais honnête pour l’apéro ou avec une brochette de poulet sauce satay. Dégusté en même temps, à titre de comparaison, un riesling d’Alsace 2005 de Chez Zind Humbrecht : une robe plus soutenue, dans les tons paille, plus évoluée et plus vive. Un nez épanoui, riche, et marqué par cette note vaguement pétroleuse typée du riesling alsacien. Amande amère, miel, figue, minéral. Caressant sans être mièvre, on devine la fermeté et celle ci s’affirme dès l’attaque en bouche, puis laisse place à la caresse du fruit, avant de reprendre de la vigueur en finale, vive et minérale. Un vin élancé et droit, avec un peu plus de persistance que le Gewürzt. Fruits de mer et crustacés, à vous ce jouer ! 

 

colibrigrappe.pngCoté vins rouges, et servis côtes à côtes, une mondeuse 2008 de Genève de chez Mermoud à Lully et un Gigondas 2000 du Domaine des Tourelles. Deux vins en décalage, la mondeuse représente le style ferme des vins septentrionaux, avec une bonne acidité, peu de moelleux, un tanin modéré mais un poil strict. Tout en fruits rouges, note épicée. Simple et rapide dans la distribution de ces saveurs. Parfait pour la cochonnaille. Le Gigondas représente le sud et porte bien ses 14,5°, on est dans la crème de cassis, des notes plus mûres, touche de cuir, réglisse, minéral. La texture est veloutée, le corps est puissant, sensuel, bien construit, sans lourdeur. Finale assez longue, sur la réglisse et le fruit. A boire, mais sans courir, avec un carré d’agneau aux herbes de Provence. 

 

Pour finir, un vin plus baroque, dans sa phase Depardieu in Cyrano, assez typé du millésime 2003, caniculaire et excessif, le Château Malartic Lagravière s’est paré d’une robe plus foncée que les précédents vins et déclame avec conviction des notes boisées un brin ostentatoires. Puis, après aération, des notes de baies bien mûres, et, finalement, une touche florale et minérale qui signent la race de ce vin. La bouche est agréable, suave, lactique, et des tanins un peu serrés en finale donnent de l’élan à l’ensemble. Un vin un peu moderne, cependant une belle côte de boeuf saignante se laissera très certainement attendrir par ses bonnes intentions initiales. 

 

BC

 

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