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Le pays de la beaufitude gastronomique ou la victoire de Tricatel

par Bruno Carroy 17 Janvier 2013, 13:46 Coups de bec

Voici ce que quelques jours de vacances passées à très mal boire et manger dans mon pays natal m’ont inspiré (qui aime bien châtie bien, non?) : 


Je suis un pays réputé pour sa gastronomie et mon type de repas fait partie du patrimoine de l’humanité depuis 2010, reconnaissance suprême de l’art du «bien manger» et du «bien boire» censé être pratiqué à la table de mes habitants.


Un de mes vignobles fait aussi partie du patrimoine de l’humanité et un autre est candidat - toujours à l’Unesco - avec sa notion originale et historique de «climats»...


Pourtant, je suis le deuxième marché du monde de la chaine de fast-food Mac Donald, avec 1200 franchisés sur mon territoire, juste après les Etats-Unis d’Amérique, inventeurs de cette merde. 


Mes habitants sont également les plus gros bouffeurs de pizza du monde (10kg par habitants et par année (5 en Italie, 4 en Allemagne, 13 aux Etats-Unis), juste après les ... Etats-Unis d’Amérique. 

Je suis sillonnée tous les jours par 5000 camions-pizza. 

 

80% de mes vins sont standardisés et manquent d’intérêt (voire sont imbuvables) pour un palais un tout petit peu éduqué (probablement plutôt 90%). 


Mes agriculteurs sont, derrière les Etats-Unis et le Japon, les plus gros utilisateurs de produits phytosanitaires de synthèse (article dans Le Monde octobre 2012). 


Saturée de chimie, la terre de mon vignoble est majoritairement morte, avec un taux de vie à peu près identique à celui du Sahara (Etudes Lydia et Claude Bourguignon). 

 

Ma fameuse baguette parisienne n’a pas plus de gout que du carton d’emballage car elle est faite avec une farine industrielle de mauvaise qualité (variétés de céréales super productives) et, du coup, bourrée d’additifs censés cacher la misère. 


Le café servi dans mes lieux publics est la risée d’une bonne partie du reste de l’Europe (voire d’autres pays). 

 

Mon lait est majoritairement issu d’une race américaine qui produit deux fois plus et deux fois moins bon que les anciennes races. 


Dans mes hôtels le petit déjeuner est la plupart du temps composé de confitures industrielles, de beurre industriel, de pain industriel et de croissants à l’huile de palme. 


Mes restaurants, la plupart du temps, ne brillent plus que par l’incompétence des employés (aucune connaissance du vin - aucune notion d’accueil - aucune envie de faire plaisir). 

 

Si un vin servi dans un de mes restaurants est dégueulasse il faudra, la plupart du temps, tout de même le payer, sous prétexte qu’il n’est pas bouchonné (c’est du vécu!).

 

Si un plat servi dans un de mes restaurants est immangeable il faudra, la plupart du temps, tout de même le payer et il ne sera pas changé (c’est du vécu : une andouillette et un filet de saumon cuits dans la même poêle : saumon immangeable. Et c’était pas un restaurant pour routiers !!!). 


On pourrait continuer ainsi pendant pas mal de lignes..


Qui Suis-je ??? 


Mais surtout, comment en suis-je arrivé là ?


Et, est-ce que le foyer de résistance composé d’artisans, de passionnés, de perfectionnistes, saura tenir le coup au milieu de toute cette médiocrité ? Combien sont-ils ? 20% ? peut-être moins, ces gens qui font leur métier avec amour, talent et honnêteté. 


Battons-nous avec eux. Allons chez eux, achetons chez eux, vantons leur mérite et boutons Tricatel hors du/des pays ! (et fauchons de l'OGM pour les plus motivés :-)).

 

BC 

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