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Cornas, Côte Rôtie & Hermitage

par Bruno Carroy 9 Novembre 2008, 15:32 Le bec dans le verre

Le temps me manque, cruellement, pour faire vivre ce blog. Ah le temps… seul luxe digne de ce nom ? Temps qu’il faut savoir prendre et aussi laisser s’écouler avant d’apprécier certains crus ; par exemple ceux des appellations Côte Rôtie, Cornas et Hermitage rouge dégustés l’autre jour lors d’une soirée de Terre Oenophile ;-) au Grain de Sel à Genève.
9 vins dégustés par trois, le premier trio composé d'une Côte Rôtie 2006 de Michel et Stéphane Ogier : un joli vin épicé, fruité, minéral, dense, sèveux, frais et charpenté, un peu marqué par le bois en finale ; d’un Cornas 2006 de la cave du Tunnel : un vin droit et franc, encore un peu brut avec un nez plus minéral que le précédent, une bouche plus ferme, voire austère, plus riche aussi, également un peu marqué par le bois en finale et une certaine dureté tannique ; et d’un Hermitage 2006 de Dard & Ribo au nez plus sauvage, cuir, olives, moins de minéralité que les précédents, plus ample à l’attaque mais avec un profil moins bien défini et marqué par un peu de gaz carbonique… les tanins sont marqués en finale et plutôt nobles. L’ensemble est cependant un peu flou pour le moment…

La deuxième série était composée d’une Côte Rôtie 2004 « Les Bécasses » de Michel Chapoutier, négociant renommé de la région. Un vin typé avec ses notes minérales, fumées, fruits noirs. Fin, frais et élancé en bouche avec des tanins relativement souples et une belle longueur aromatique. Joli.  Cornas 2004 A. Clape : une référence de l’appellation et le plus complet et fin jusque là, avec des arômes subtils et nuancés, réglisse, cacao, tabac, figues, une bouche charnue et charpentées avec des tanins fins et une finale cacaotée et longue. Hermitage 2004 de Bernard Faurie : Ample, gras et charpenté ; minéral, figue et pain grillé au nez. Un joli vin typé de l’appellation. Moins en finesse que le précédent.

La troisième série débuta avec un Cornas 1996 Domaine Saint-Pierre de Paul Jaboulet, autre négociant réputé de la région. Un vin à bonne maturité avec ses notes de sous-bois et de figue bien mûre, pointe de cacao et note de minéralité. Une bouche fraîche et tonique avec des tanins à peine marqués. Bonne longueur. Hermitage La Chapelle 1998 de Paul Jaboulet : un vin très réputé, considéré comme l’un des meilleurs de France (donc du monde ;-). En effet, pas de doute avec ce vin de 1998, c’est un grand, le plus profond de la série, avec encore beaucoup de réserve, un coureur de fond avec une matière ample, dense, noble et élancée et des arômes précis et variés. Pour conclure, une Côte Rôtie 1988 de Patrick Jasmin : un domaine qui élabore des vins plus en finesse qu’en matière et ce 1988 surprend effectivement avec un très bel équilibre entre fraicheur et suavité, vigueur et douceur. Des arômes assez évolués, avec quelques notes de champignons, laissent à penser que ce vin est probablement parfais à boire aujourd’hui, avec par ex. un filet de daim aux champignons.

En conclusion, d’abord une belle série de vins hautement expressifs, tous issus du cépage syrah (100% syrah pour le Cornas et possibilité d’un petit pourcentage de viognier dans la Côte Rôtie et de marsanne et roussanne dans l’Hermitage), et ensuite quelques pistes à suivre pour mieux comprendre le style des vins de ces trois appellations : les Côtes Rôties se présentaient avec élégance et fraicheur, les Cornas avec richesse et une certaine fermeté, les Hermitages avec ampleur et profondeur. Tous avaient en commun une certaine suavité (sensualité ?), une matière plutôt riche et de la minéralité.

Les trois préférés de la soirée : Cornas A. Clape 2004, Hermitage La Chapelle 1998 et Côte Rôtie 1988 de P. Jasmin.

BC

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